La peur de la révolution numérique et le marché du travail

Il y a plus de 30 ans qu’on nous rabâche les oreilles avec l’ordinateur qui va tuer l’emploi, et on n’a jamais rien vu venir. Par contre une cartographie fouillée du monde du (non) travail belge serait d’une grande utilité : cela mettrait en évidence des drames bien plus grands que la soi-disant révolution numérique. Outre le luxe de nous payer 800.000 fonctionnaires, payés avec nos impôts (passons sur leur pension de nabab), on constaterait le nombre incroyablement élevé d’emplois subventionnés. Un article paru il y a quelques mois parlait de 42% (!) des emplois qui, de près ou de loin, était « aidé » par l’Etat ! De mémoire, il est possible que ça ne concernait que la Wallonie, mais cela ne change pas grand chose à ce constat affligeant. Donc, si c’est de destruction du monde du travail « productif » qu’il s’agit, les dégâts sont déjà là, et bien là ! Pas besoin de révolution numérique pour détruire l’emploi : on a su se débrouiller sans pour tout détruire !

Aussi, la question n’est plus de savoir si l’emploi va continuer à être détruit, mais POURQUOI il est détruit CHEZ NOUS (et pas ailleurs…). Une société américaine établie chez nous va fabriquer ses bidules en Chine, et pomper son bénéfice aux USA, après avoir vendu tous ses bidules chez nous… Donc, il ne faut pas être Einstein pour établir que le coût du travail est (beaucoup) trop élevé chez nous, et les bénéfices (beaucoup) trop taxés chez nous. En fait, on le dit inlassablement depuis 40 ans, sans que ça n’émeuve personne du côté des partis politiques, toutes couleurs confondues.

Concernant le coût du travail, il ne faut pas tourner autour du pot : soit on analyse comment arriver à un coût de travail compétitif avec celui des pays lointains, additionnés des coûts de transport, soit on laisse tomber. Il est très probable qu’une automation à outrance re-favorise l’emploi chez nous, contrairement à ce qu’on pourrait croire, dès lors que l’automatisation nécessite de la main d’oeuvre qualifiée dans la maintenance et les réglages des machines. Au lieu d’avoir 10 ouvriers qui produisent 100 pièces par jour, on aura 10 techniciens qui produiront 10.000 pièces par jour… Le salut se trouve donc dans une analyse fine des besoins, et d’une adaptation conséquente des formations. L’enseignement reste donc un atout clé pour l’avenir, chose qui ne semble pas trop émouvoirles ministres en charge. Pour le reste, il n’y a qu’une seule chose à faire : baisser, baisser et baisser encore le coût du travail. Il est inconcevable que quelqu’un qui gagne 2.500 € brut se fasse retirer une bonne partie de son salaire. Non seulement son emploi est précaire, car un asiatique viendra le lui prendre, mais sa consommation sera ridiculement basse, grippant ainsi l’économie interne. C’est donc tout mauvais, SAUF pour les nababs de l’Etat, qui s’empiffront du fruit de son travail.

Concernant les bénéfices, l’Etat n’a pas encore tout à fait compris que la maison-mère établie aux Iles Caïmans n’avait qu’à facturer sa succursale belge pour service de gestion, pour que les bénéfices s’offrent une croisière vers ces îles enchanteresses. C’est l’occasion de rappeler qu’il ne s’agit probablement pas de paradis fiscaux, mais de territoires normaux, et que, peut-être, nous vivons, nous, dans un enfer fiscal… Peut-être serait-il bon de repenser complètement la politique fiscale de ce pays, avant de voir la BCE inonder la zone euro avec ses euros, en pure perte. Certains pays ont eu le courage de revoir leur politique fiscale. Complètement. Pas à la manière « Michel », en jouant au « baloon squeezing », où, quand on presse d’un côté, l’autre se met à gonfler, comme c’est le cas avec le « tax shift » ! Non : il s’agit de baisser drastiquement le train de vie de l’Etat, de saquer dans les dépenses somptuaires, de supprimer les services inutiles en redondants, d’assainir les institutions, et de revoir complètement le fonctionnement des couvertures d’assurances sociales (pension, maladie, chômage).

On est loin, très loin des fantasmes de Mario Draghi et sa politique keynésienne. Certains pays ont osé. Et ils ont réussi. Tous. Sans exception (sauf ceux qui sont occupés à réussir). Ca fait réfléchir… Toutes ces mesures sont décrites dans le programme complet de l’UdL, qui est un travail collectif de plusieurs années de réflexion sur ces sujets.

CC

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