Les intercommunales

Si, au départ, l’idée de la création des intercommunales en Wallonie avait un sens, ne serait-ce que pour faire des économies d’échelles sur certains services publics, ou pour mutualiser des compétences, il semble évident que, si elles sont dopées avec un nombre incalculables d’administrateurs, elles sont dans le même temps devenues hors du contrôle de ces mêmes administrateurs. La première évidence est donc que ces administrateurs n’administrent rien, sont donc incompétents, et qu’il convient de les licencier sans autre forme de procès : ils sont parfaitement inutiles.

Revenons aux intercommunales elles-mêmes. Il semble qu’il y ait un principe fondamental à respecter : soit une activité est un service qui ne peut en aucun cas être rentable, et cette activité relève de la chose publique, dans laquelle la notion même de bénéfice n’a aucun sens, soit une activité peut, potentiellement, générer une rentabilité, de par sa nature même, et elle doit être de la chose privée, et générer des bénéfices commerciaux. Or, ici, nous sommes face à un melting pot d’activités, que même les gestionnaires qualifient de « privées », alors que l’actionnariat d’une intercommunale est 100% public. C’est dire !

– Il en est ainsi de Voo : la fourniture d’accès internet est une activité commerciale, dans un marché concurrentiel. Le citoyen se fiche bien de savoir que, au sein de Publifin, Voo génère chaque année des pertes abyssales. C’est uniquement la preuve que Voo est gérée par des incapables. Cette activité doit être privatisée, restructurée, et vivre sa propre vie, ou tomber en faillite. Mais elle n’a rien à faire au sein d’une intercommunale.

– Par contre, la distribution (pas la production) d’électricité semble une activité d’ordre public. L’argument : il existe, et cela n’est pas près de changer, un et un seul réseau de distribution d’électricité en Wallonie. On imagine mal trois bottes de câbles électriques se côtoyant à travers nos villes et villages… Que des fournisseurs d’électricité concurrents utilisent ce réseau public est une chose, mais que chaque fournisseur s’occupe de distribuer son électricité avec son propre réseau relève du délire libertarien… C’est donc un réseau public. Et, à y voir de plus près, le schéma de financement semble à peu près correct : il n’y a que les utilisateurs qui le financent. Si une personne n’utilise pas d’électricité, elle ne paie pas. Jusque là, ça va. Là où ça ne va plus est que Stéphane Moreau et consort ont considéré cette activité comme privée, commerciale, quoique monopolistique, et donc ont augmenté les prix jusqu’à faire de plantureux bénéfices, sachant pertinemment bien que les utilisateurs n’ont pas d’autre choix que de payer. Le prix demandé pour la distribution échappe ainsi aux lois du marché, vu qu’il n’y a aucun marché existant. Et ces bénéfices ont servi à deux choses : combler les pertes d’un fournisseur d’accès internet et télédistribution d’une part, et d’autre part financer les communes partenaires. Il s’agit donc bel et bien d’un impôt déguisé ! Quand vous allumez une ampoule chez vous, vous versez un impôt à votre commune ! Sidérant, mais réel. Il convient donc que cette activité marche au budget, et qu’aucun bénéfice ne soit généré, hors, bien entendu les sommes nécessaires à la maintenance et aux investissements nécessaires (mais c’est ça, un budget).

Stéphane Moreau et consort semblent ne pas avoir compris cela. Espérons que le nouveau ministre en charge des intercommunales soit plus clairvoyant sur ce sujet, mais, comment dire ? Un sérieux doute subsiste…

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